"C'est du beau boulot"(17/01/2009)
Lire aussiCrash de New York : le pilote éclipse Bush
Un pilote belge d'A320 analyse la manœuvre de son confrère
BRUXELLES Philippe Charlier est commandant de bord sur des Airbus A320 de la compagnie Thomas Cook Airlines.
Impressionné par la manœuvre ?
"D'un point de vue pilotage, c'est vraiment bien réalisé. Par le passé, il y a déjà eu quelques tentatives d'amerrissage, mais qui se sont soldées par des catastrophes."
Quelles sont les difficultés ?
"Il faut veiller à garder l'avion bien droit pour que l'une des ailes ne touche pas l'eau avant l'autre. Sinon, l'avion est brutalement freiné et devient incontrôlable."
Une prouesse donc ?
"La manœuvre était peut-être un peu plus facile qu'en pleine mer car il y avait sans doute moins de vagues et moins de vent. Mais c'est du beau boulot. Le pilote a notamment amerri avec le train rentré, ce qui a permis de ne pas s'arrêter brutalement."
Les pilotes sont-ils préparés à ce genre d'incident ?
"Il existe une procédure à respecter en cas d'amerrissage. Et les avions sont préparés à ce genre de situation : il faut, par exemple, appuyer sur un bouton spécial qui permet de fermer toute une série de trous, d'arrivées d'air. Mais la procédure n'est jamais testée en réalité. Quand un avion est construit, on ne s'amuse pas à le mettre sur l'eau pour voir si tout va bien."
N'y a-t-il pas un entraînement spécifique pour les pilotes ?
"On peut s'entraîner sur la procédure. Mais c'est très difficile d'imiter les conditions d'un amerrissage sur un simulateur de vol, il y a trop de paramètres différents mobilisables (comme les vagues à reproduire). Donc la manœuvre en tant que telle n'est jamais testée. Ça augmente le mérite du pilote."
Antoine Clevers
© La Dernière Heure 2009
Chapeau bas pour le sang froid du pilote, il a sauvé 155 vies !!!!

Standing ovation !!
